Trois belles semaines pour traverser l'Afrique du Sud, du Cap (Sud-Ouest) à Johannesbourg (Nord-Est), soit plus de 4000km en voiture.
Nous avons commencé par deux jours au Cap, lieu où les premiers Hollandais ont posé le pied en 1652. La région du Cap est en effet celle où l'on trouve la plus grande proportion de blancs, qui représentent par ailleurs 10% de la population nationale.
Au large de la ville se trouve Robben Island, l'île où Nelson Mandela a été emprisonné avec ses compagnons pendant 18 de ses 27 années de détention (1964-1982). L'île ne compte aujourd'hui plus aucun prisonnier mais quelques dizaines d'habitants et une école. La cellule de Nelson Mandela ne faisait que 9m2; c'est là qu'il a appris l'Afrikaaner pour pouvoir parler avec ses geôliers et ses adversaires politiques, qu'il a écrit une grande partie de son autobiographie et qu'il donna des cours aux autres détenus.
La ville du Cap est surplombée par la Montagne de la Table qui culmine à 1000m et d'où l'on peut admirer toute la péninsule qui s'étend jusqu'au Cap de Bonne Espérance. Nous avons, en toute modestie, gravi la montagne en un temps record...avec l'aide du téléphérique. Là-haut le vent souffle fort et le temps change très vite.
Nous sommes également allés à la plage de Boulder, comme sa colonie de manchots. Ces oiseaux sont assez attendrissants avec leur démarche maladroite.
Dès que nous avons récupéré notre voiture de location nous avons décidé d'aller faire quelques dégustations de vin dans la région des Winelands... Alors, le vin sud-africain, il est comment? Bon, si les vins du monde faisaient une compétition, le vin sud-africain perdrait en quart de finale (sur une décision contestable de l'arbitre peut-être), et le vin français irait jusqu'en finale. En tout cas, la région des Winelands est très jolie.
Ensuite, retour vers la côte pour atteindre la ville d'Hermanus, très réputée pour l'observation des baleines. Malheureusement nous n'avons aperçu qu'une seule queue très furtivement, mais ce n'est pas grave car la nourriture y est bonne.
Etape suivante à la Réserve Naturelle De Hoop. Les dunes de sable blanc y sont magnifiques et les baleines le savent certainement puisque nous avons la bonne surprise d'en observer des dizaines très proches de la plage. Nous en profitons également pour faire une sortie ornithologique en compagnie d'un guide local. Les espèces sont nombreuses et certaines nous sont familières car elles migrent d'Europe pour passer l'hiver en Afrique.
Satisfaits de nos observations maritimes, nous quittons définitivement la côte de l'Océan Indien pour nous enfoncer dans les terres. La région du Karoo est très peu peuplée. Nous roulons pendant des centaines de kilomètres à travers de superbes paysages. C'est le printemps et les fleurs sont magnifiques. Après une dégustation de Porto, nous dormons à Calitzdorp dans une ferme d'autruches (elles sont nombreuses dans cette région). Nous discutons avec les fermiers qui nous accueillent. Ce sont de dignes descendants des paysans Boers qui ont investi le pays depuis le XVIIé siècle, et comme pour leurs ancêtres, et bien qu'ils soient blancs, la vie reste rude pour eux.
L'arrêt suivant se fait à Graaf-Reinet, ville qui n'a pas bougé depuis le début du XXe siècle. Nous visitons la Vallée de la Désolation, nous apercevons nos premières antilopes, les Bleus battent les rosbeefs 19-12 et nous mangeons un délicieux steak d'autruche.
Nous avons ensuite passé deux jours au Lesotho, état enclavé dans l'Afrique du Sud mais qui n'en n'a jamais fait partie. Ce "royaume dans le ciel" a son point le plus bas le plus haut au monde. Les paysages sont différents, plus accidentés. L'habitat aussi est différent, les maisons sont plus disperséees. La population est quasiment totalement noire, et la mode de l'ombrelle y est très répandue. Ce pays, très pauvre, nous rappelle un peu le Bénin.
Nous faisons une promenade à cheval sur le plateau de Pitseng et assistons aux concerts de la chorale de Malealea, village où nous logeons. Le groupe a fabriqué ses guitares et tambours à l'aide de vieux objets récupérés (pneus, bidons d'huile...) pour une musique très rythmée.