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Les chroniques d'un italien en Irlande

Salut !

             Après ce voyage je profite de l’hospitalité sur le blog de Max et Laet pour t’en donner un aperçu, et si tu es un des (quelques) derniers à ne pas encore y être allé alors n’hésite plus.

L’Irlande ? un cocktail de gens sympas, de soleil, de ciel bleu et de mer. à se demander vraiment pourquoi aller en méditerranée ?!

Avec « mon guide du routard dans la poche… », je m’attendais au blizzard, à la tempête, des buveurs engourdis par le froid à l’entrée des pubs…

Il n’en fut rien.

Quelle déception ! à part cette petite pluie printanière qui m’accueille à la descente de l’avion. Une fois dans le taxi je balance naïvement « It seems to be a cliché huh ? » Il sourit légèrement.. Je fais mieux de fermer ma gueule.

En même temps je n’ai pas vu la pluie depuis un mois. Mais comme Sean m’a l’air d’un type plutôt taciturne je ne me vois pas commencer parler avec lui du réchauffement climatique. Après une quinzaine de minutes on arrive à destination, Howth road, 98. Enfin au Harry Byrne’s pub pour la précision, mon cousin habite en face mais pour trouver sa voie un taxi trouve le nom d’un pub aussi efficace qu’une borne GPS, apparemment.

…a cliché ?

 

 

24 avril au soir. Soirée calme, en famille.

Le lendemain je retrouve un vieux pote de Milan, au Spire.

Matthieu cherche du travail, il est en auberge de jeunesse depuis un mois, et un mois encore auparavant on faisait l’aperitivo ensemble sur les navigli. Il a bon espoir de trouver et je le lui souhaite sincèrement.

On se balade, il me montre un peu sa vie ici, entre les pelouses de Trinity Collège et celles de St Stephen’s Park (où jouer au rugby est permis jusqu’à l’intervention du vigile), Dame Street où il habite et Dawson Street où se trouve son agence de recrutement, il doit y passer aujourd’hui justement. Apparemment pour déposer un dossier et pour parler un peu avec la nana qui s’en occupe, mais il finit par passer un entretien. Moi qui l’avais accompagné jusque dans le bâtiment je le laisse tranquille pour aller faire un tour. Après avoir vu St Ann’s church, une des rares églises anglicane de Dublin je présume, j’achète L’Irish Independent et je me pose au Café en Seine, ravissant bar, plutôt lounge en fait et très agréable. Le temps est changeant et la lumière filtre du plafond sur les balcons dorés et les plantes verdoyantes.

Je vais pour demander un  prosecco, l’habitude bien sur! arrgg, je me reprends de suite et commande ma première bière, en fait non, je me plante et commence par un cidre, « a half pint of cider »  ça rappelle des bons souvenirs à quelqu’un.

Je le finis vite pour me rincer la bouche avec une vraie bière, une Smithwick's bien d’ici, et quelques autres.

Je suis au comptoir et le journal ressemble a une longue ligne de poudre mêlée avec du sang, un véritable chapelet de chroniques macabres jusqu'à l’avant dernière page. En première page et jusqu’à la moitié du journal l’attention est portée sur l’évènement de la veille, un couple de 26 ans a orchestré le meurtre de leurs deux petites filles avant de se suicider. Ça fait peur. A la dernière page figurent ça et là quelques dépêches sur l’international.

Sur le supplément sport la nouvelle c’est la victoire de Manchester sur le Milan.

J’entends encore les milanais hurler au 2ème but de Kakà dans le bus qui m’emmenait à l’avion sur le tarmac de l’aéroport de Bergame.

Bah, les milanais auront bien 90 min à San Siro pour essayer de se racheter…

Matthieu finit par arriver, on prend une Guinness avant de laisser le café. Un peu d’air me fait du bien. Lui est plutôt satisfait de son entretien, mais qui était en fait un entretien préparatoire au vrai qui aura lieu vendredi. C’est ainsi que passant le reste de l’après midi entre les jardins de la ville et St Patrick, on arrive le long de la Liffey où siège le Mess&Guire, un pub où ils brassent leur propre bière, c’est appréciable.

Après quelques temps, un ami de Matthieu nous rejoint, un français, juriste et amoureux d’une irlandaise, il travaille dans un hôtel de luxe à deux pas d’ici.

Entre temps Violaine, Laet et Max qui étaient dans les parages nous rejoignent. Avant de sortir manger nous reprenons un verre. Tu as bien compris, une pinte.

Voila, c’est mon premier jour en Irlande et je suis à la bière depuis 1h de l’après midi, il fait encore jour et je commence à avoir la tête un peu en vrac. Mamma mia…

Ceci dit je me fonds assez bien dans le paysage, autour de moi les gens commencent à sérieusement lever le coude, j’ai juste quelques heures d’avance sur eux c’est tout.

On sort donc, et après avoir salué Matthieu direction le petit chinois de l’autre coté du fleuve, je suis content de boire de l’eau avec mon riz ! Violaine est en forme, Laet et Max aussi, découvrir une ville étrangère avec des amis c’est toujours un plaisir.

Nous finissons cet agréable moment ensemble dans un pub, après un verre de Bailey’s et quelques boutades sur les futures élections, je laisse le trio prendre le dernier DART.

Je suis au Spire, et mon cousin ne tarde pas à arriver avec un collègue de Google et néanmoins ami. Nous nous dirigeons vers Temple bar et c’est la que je m’apprête à parler français et italien toute la soirée. Dublin commence à sortir tard le jeudi soir selon eux, mais Temple bar a le mérite d’être animé toute la semaine. L’ambiance est bonne, on est dans un vieux pub et je goûte à mon premier Jameson on ice de la soirée.

On m’avait parlé de Temple bar comme un refuge de touristes pour des enterrements de vie de garçon tout en finesse. Et bien figure-toi que, ce mercredi soir, je n’y ai rencontré que des charmantes irlandaises.

 

 

  

Jeudi matin, 11h. Debout ! Aie aie…j’avais rendez-vous avec Violaine à 10h, au Spire (décidemment)
Lendemain. 7h. Le départ est prévu à 8h, on est dans les temps.
On pose les affaires et on part se balader, trouver un endroit pour un petit pic-nic des familles. Depuis une demi-heure Max martèle qu’il veut une bière, non !deux. Une maintenant et une plus tard pour pouvoir les absorber en douceur. Lever 8h !

11h15. Cette fois je me lève !

11h30. Je me lève.

Douche et petit dej’ en vitesse (merci Bertrand pour ton hospitalité) et je quitte le petit appartement de Clontarf, bagage à la main. Direction : Raheny. C’est sur la route de la presqu’île de Howth, ou habitent les amoureux. C’est la aussi que travaille Max, on a justement rdv à 13h devant Mace Store.

Après trois arrêts et une petite balade de dix minutes j’arrive à l’épicerie, juste à l’heure. On discute un peu et je lui laisse mon sac, ce soir on ira dormir chez eux pour partir tôt le lendemain.

Retour dans le centre, Violaine est posée à St Stephen’s Park mais je décide de passer chez Google faire la bise à Bertrand parce que je ne le reverrai pas du we, il part dans la foulée sur Marseille. Je dois lui rendre ses clés aussi.

Vaguement je me souviens, « Google est sur les docs, tu descends à une des trois stations du centre, etc.. ». Me voilà à Grand Canal Doc. Sur le pouce je prends un club sandwich da Il Napoli, petit food corner dans la station, il m’est difficile de prendre le serveur Gigi pour un irlandais pure souche. Bref je discute un peu avec lui et je sors, en descendant les escaliers et les deux bâtiments Google sont juste en face.

Le cousin est justement en train de prendre sont café dehors au soleil accoudé à une voiture. On se fait la bise et je finis de manger. Je salue ses collègues aussi.

En l’espace de dix minutes quinze personnes de nationalités différentes me passent devant.

La zone des docs est un peu la city de Dublin. Dublin comme une petite Londres en quelque sorte, cosmopolite et dymanique. Et jeune.

Tous autour de moi, français pour la plupart, semblent y être de simples locataires, certes ils y travaillent pour l’instant mais dans le fond je sens qu’ils se savent en transit.

Après quelque temps passés ensemble je le salue et décide de partir à la recherche de Violaine, direction le parc. Sur le chemin des françaises et un anglais me renseignent, à Merrion Square je bifurque vers St Stephen’s. Entre temps Violaine n’y est plus, elle est partie au Museum of Art, tu m’étonnes, j’arrive avec 5h de retard !!

On finit par se retrouver dans le hall du musée et on finit la journée à Trinity College, son impressionnante bibliothèque, toujours ses pelouses, et la sculpture de Pomodoro (la franchement je ne m’y attendais pas !), Sphere in the sphere, gravée de toute part par des « fuck the police » et autres « Jenny makes great blowjob, call 385 716 … », sans compter les étudiants un peu en forme le soir qui, dixit Matthieu, cherchent systématiquement à la faire rouler de son socle.

22h. Nous voila de retour en DART, après un petit détour par le Café en Seine.

Arrivée une demi-heure plus tard chez Max et Laet. Ce matin Laet est partie sur Galway pour une convention entre responsables de centres de benevolat. Ce soir Max est devant la télé, au programme des pubs entrecoupées par un film improbable, The Rock y tient le rôle principal ça se laisse commenter tout seul. Au programme aussi une annonce de sensibilisation à la sécurité routière, choquant.

Je prends le guide TV et je suis assez étonné de voir autant de restrictions pour les mineurs. Il y en pour tous les ages et sur certains films parfois ça m’interpelle.

Max me dit « qu’ils peuvent passer un film de guerre violent en prime time sans aucun problème, mais un film pourra être censuré ou interdit au moins de 16 ans  si on voit une demi-fesse dans la pénombre pendant dix secondes… ».

Ça laisse songeur.

Sur ce, nous ne tardons pas à nous coucher. Demain on se lève tôt.  

 

La Citroen Saxo est tapie devant la maison, prête à bondir.

Elle bondit du premier coup. (j’ouvre une parenthèse pour préciser que la question du démarrage de la voiture a ponctué le voyage pendant les deux jours qui suivent. Max, sérieusement préoccupé à chaque arrêt, ne comprenait pas pourquoi quand la voiture était encore chaude elle ne voulait plus redémarrer. C’était là la dernière de la liste des hypothèses de son raisonnement scientifique. Et l’éventualité de devoir s’arrêter parfois sans éteindre le moteur mettait de facto Max dans une situation épineuse, taraudé par le dilemme entre rester planté au milieu de nulle part et l’application pratique de ses ferventes convictions écologiques. 

Dans un style différent, Laetitia s’occupait à faire des caresses sur le vide poche droit pour amadouer la bête).

On a bien fait de partir tôt, il y a déjà pas mal de monde sur la M50. Plus loin on continue sur l’autoroute, pendant une cinquantaine de kilomètres, avant de prendre la N6 qui mène à Galway. Vio, Max au volant et moi. Le paysage rappelle un peu la Normandie, plus tard ce sera la Bretagne.

On s’arrête. On repart. Frisson au démarrage.

Le voyage se passe sans encombre, j’en profite pour fermer un peu les yeux de temps à autre. Vio et Max discutent, du beau temps en l’occurrence.

Arrivée à Galway. On passe devant l’université, il fait chaud, les gens sont en t-shirt, circulent à vélo. Puis on s’enfonce dans la ville, on a bien quelques points de repère pour rejoindre le parking à coté de l’auberge. Eyre Square, à gauche, les docks...

Une fois garée la voiture on se dirige vers l’auberge, sur le chemin une tête connue vient à notre rencontre. Laetitia, tout de vert irlandais vêtue.

Deux minutes plus tard, welcome to Kinlay House.

 

A défaut de bière on se pose au bord de la rivière avec une bouteille d’eau pour accompagner nos sandwichs.

Un peu plus loin des types de l’auberge jouent de la guitare puis avec un petit couple qui s’est arrêté en chemin. A coté, deux français. On fait une gaffe. Forcément.

Puis la balade se poursuit, passant par la cathédrale, et sur le bord de mer. Autour de nous quelques touristes, des marcheuses irlandaises et un kite-surfeur qui répètent ses tricks sur la terre ferme.

Max a de plus en plus envie d’une bière et, par sa seule force de persuasion il réussit à me convaincre.

En repassant par la ville on s’arrête en terrasse, une petite famille française prend place à coté de nous. Pas contente d’être entourée de touristes Violaine saisit l’occasion pour leur piquer leur étui d’appareil photo. Vexés, ils s’en vont. Ils auront payé pour tous les autres !

Entre temps Max a pris sa bière, une bonne stout de ce coté-ci du pays, une Murphy's. Le verre, lui par contre, est « Guinness ». Sacrilège.

L’après midi se finit entre quelques magasins du centre ville, une boulangerie et une librairie de livres d’occasion. J’en profite pour acheter deux livres dont un recueil de poèmes de Yeats.

Violaine écume les bijouteries, Laetitia traque les cartes postales sympas.

Il commence à faire soir, les magasins ferment et on se dirige doucement vers l’auberge.

Petite pause avant de repartir. Entre temps j’ai perdu mon portable.

Le dîner se fait dans un fish&chips du centre ville, en contrebas du pub où on était tout à l’heure.

Les assiettes sont copieuses ; après quelques coups d’œil autour de nous et une petite hésitation on se décide à prendre des verres de lait aussi.

La soirée se continue au Crane, un pub coloré et sympa du coté de Sea Road.

Après un verre on décide de monter pour voir le concert qui va bientôt commencer. C’est un petit concert de jazz, en l’honneur du soixante-dixième anniversaire de la mort d’Antonio Gramsci. Quelques artistes sont italiens et discutent derrière nous, l’ambiance est sympa, la pièce se remplit et, piano piano, certains commencent à danser. La musique est bonne et les grands classiques réinterprétés y passent, la voix de la chanteuse dépote sur une chanson de Paolo Conte.

Un peu plus tard on décide de rentrer, une longue journée nous attend demain aussi.

En centre ville les pubs sont bondés et certains commencent a être sacrément éméchés. Jeunes, et moins jeunes. L’ambiance est plutôt chaude, les cracheurs de feu attirent l’attention, de même que les fesses d’une nana dansant sur son cube en vitrine d’une discothèque pour appâter le poissons plus très frais qui remontent de la mer.

A l’auberge d’autres gens se sont installés avec nous, c’est une chambre de 6. Ils rentreront plus tard.

 

 

A 7h je retrouve mon portable. Le réveil se met à sonner sur un air de salsa endiablée, le même qu’hier. Violaine y est déjà un peu habituée, Max et Laetitia découvre la douce mélodie avec une heure d’avance sur le timing.

Petite douche, petit déjeuner dans la foulée et l’équipe de choc conserve son heure d’avance au classement général. Départ effectif 8h.

Nach Burren !

Plus exactement vers les Cliffs de Moher, impressionnantes et angoissantes falaises qui plongent à pic dans l’océan.

On décide de pousser un peu la marche le long des falaises, il y a un sentier très accessible. Le vent souffle un peu, je n’ose imaginer le spectacle sous la tempête.

Le site accueille un édifice construit comme un bunker, peu envahissant, pour les visiteurs. A l’intérieur un bref film retrace les cotes de la région, après quelques heures nous devons y aller et je le regrette déjà.

Dans la voiture Max retient son souffle, la tension monte d’un cran et d’un rapide coup de poignet il fait jouer la clé. Rien y fait, la voiture est encore en chaude et elle ne veut rien savoir. A la première caresse de Laetitia la bête grogne, à la deuxième elle s’incline. Nous voila reparti.

Après avoir acheté le nécessaire on s’arrête au bord d’un champ de vaches pour manger, voyant arriver les demoiselles à grand fracas et ayant perdu deux minutes à débattre sur la taille relative du cerveau d’une vache, le cow-boy Maxime du kop rouennais se décide à employer les grands remèdes. D’une enjambée le voila de l’autre coté de la barrière, de quelques pas chassés il fait trembler les membres des bestiaux, et de ses cris rageurs il achève de les terroriser.

Pas dupe, la vache chassée revient au galop. Avec le paysan en prime, un peu en pétard quand même de voir des petits touristes faire tourner le lait de ses protégées.

A table.

Une fois terminé de manger on s’enfonce vers l’intérieur des terres, le Burren est un festival de massifs de calcaire. Sur notre passage on bifurque pour voir le dolmen millénaire de Poulnabrone.

De retour vers Dublin, au loin on aperçoit Dungaire Castle.

Ce château a véritablement une allure massive des bâtisses du bas Moyen-Age. Et plus ou moins un siècle avant son édification, Brunelleschi posait la dernière pierre de sa coupole sur le Duomo de Florence.

C’est fascinant de voir les vestiges de cette civilisation « arriérée » de l’Irlande qui, comme île d’abord puis comme colonie, s’est retrouvée à l’écart des grands bouleversements de son temps.

Arrivée à Raheny, samedi 28 avril, dans la soirée. Je m’occupe de faire des pâtes à diner.

Le lendemain on prévoit un brunch, puis de partir se balader sur la plage, d’y tremper les pieds et de rentrer avant 15h pour pouvoir prendre les bagages et repartir vers l’aéroport.

 

 

 

 

Dimanche 29. Tout se passe exactement comme prévu, sous le soleil.

 

 

Un grand merci à Laetitia et Maxime pour l’accueil, et une caresse à la voiture de ma part, elle aura encore beaucoup de kilomètres à faire.

 

Grégoire (actually from D4)

 

D4 est l'equivalent Dublinois du 16e. Les irlandaises trouvaient Greg tres chic et le croyaient donc de D4!