Le week-end dernier j'ai profité du lundi ferié pour aller à Abomey. Le voyage n'est pas facile pour un début; heureusement, Jean-Marie était là pour m'accompagner et reconnaître les "taxis" en direction de Cotonou puis d'Abomey. Ici, les taxis ne s'entendent pas de la même manière qu'en France. Il s'agit en général du moyen de transport le plus rapide et le moins coûteux pour faire de longues distances. Pour rentabiliser au mieux leurs trajets, les chauffeurs ne partent que lorsque le taxi est plein, ie quand il y a 7 personnes. Pour des trajets de 3h, ça fait un peu serré, mais ça rapproche ;-)
A mon arrivée, j'ai retrouvé un ami du DESS, Kléber, qui fait son stage à Abomey. J'ai été reçue comme un reine et l'on m'a fait déguster plein de spécialités de la région. Ici, c'est surtout la pâte de farine de maïs ou "wo", qui accompagne les plats. Il en existe des versions dérivées (amiwo: wo à la tomate, akassa: wo fermenté...). Pour aggrémenter nos repas nous sommes allés chercher du poulet frais au marché...quand on dit frais, cela signifie qu'il n'est pas encore mort!
Avant de devenir la République du Bénin, le pays s'appelait le Dahomey et Abomey en était la capitale. La ville regroupe donc les palais des anciens rois. A Porto-Novo, j'ai rencontré Samson, neveu de l'actuel roi, que j'ai donc pu rencontrer et accompagner lors de la cérémonie du 45ème anniversaire de l'indépendance du Bénin. Ce dernier n'a plus de pouvoir mais est encore respecté et consulté dans la ville.
Dans le pays, il y a encore des rois dans de nombreuses villes et chaque dynastie est représentée par un chapeau, un trône, un asen (autel ambulant ) et un parasol différents. Le caméléon représente par exemple le roi Akaba qui a du attendre ses vieux jours avant d'être designé par le "Fa" (oracle). En effet le caméléon met du temps avant d'arriver en haut du fromage, mais "tout arrive à point, à qui sait attendre". Attention, le parasol, lui, doit être tourné dans les sens des aiguilles d'une montre, sinon le porteur peut être exécuté (je ne sais pas si cette obligation est aussi sévère de nos jours...).
Malgrè les longs dicours (qui paraissent d'autant plus long quand ils sont en fon!), la cérémonie était intéressante et bien animée par des danses et de la musique traditionnelles.