Le lendemain est une journée beaucoup plus tranquille. Pour preuve elle commence par une première pause après seulement cinq minutes de marche : les plus gourmands achètent à nouveau du chocolat. Puis nous repartons avec pour prochain objectif le village de Malin More à une bonne heure de marche ; c’est en effet là-bas que se trouve le pub le plus proche. Nous n’avons pas eu notre Guinness la veille au soir et cette frustration ne peut être effacée que par une bonne bière à la première occasion venue. A 11h nous nous installons donc dans le pub, encore vide à cette heure il faut l’admettre. Manu et moi réfléchissons à la possibilité de se faire verser de la Guinness dans nos gourdes, mais nous devons finalement reconnaître que ce serait un peu du gâchis, tant pis.
Nous reprenons gaiement la route. On trouve un magasin de vêtements en laine artisanaux perdu dans la campagne. Nous y entrons, Armelle espère y trouver son bonheur. Finalement c’est Marie qui fait une affaire. Ce magasin nous fait sentir que nous sommes au fin fond de l’Irlande : une dame tricote un pull près de l’entrée, la radio est en gaëlique, la vendeuse a un accent à couper à la serpe.
Nous marchons encore, nous arrêtons pour visiter un site mégalithique au milieu d’un champ. De loin cette tombe vieille de plusieurs millénaires ressemblait à un banal tas de pierres, de près aussi. Nous observons les nombreux tas de tourbe de part et d’autre de la route : les Irlandais préparent les combustibles pour l’hiver. Le déjeuner au bord d’un lac est très agréable.


Pour la fin du parcours nous avons le choix : soit terminer rapidement et facilement par la route pour atteindre le village de Carrick, là où le car nous avait laissé le premier jour, soit suivre le chemin balisé qui passe par le sommet d’une colline avant de redescendre sur Carrick. Pour le plaisir, nous choisissons la deuxième solution. Cette dernière montée, malgré l’apparence, n’est pas si facile : comme souvent le chemin est mal balisé, le sol est très spongieux et nous nous sentons un peu perdus dans la bruyère. Evidemment c’est à ce moment que la pluie refait son apparition. Même si la descente n’est pas si facile non plus, nous sommes motivés par le fait de savoir qu’à Carrick nous retournerons au pub du premier soir pour profiter d’une nouvelle Guinness.

Cette pause au pub dure assez longtemps et est assez arrosée pour certains. En sortant nous marchons encore un quart d’heure avant de planter la tente dans un champ, sous la pluie à nouveau.

Le jour d’après il n’y a qu’un quart d’heure de marche au programme : nous retournons à Carrick pour prendre le car jusqu’à Donegal Town. Mais comme nous avons un peu de temps avant que le car n’arrive, nous allons boire un coup. A Donegal nous retrouvons mes parents dont le périple en Irlande passait justement par le Donegal au même moment que nous. C’est donc encore l’occasion de se boire une petite bière.
Puis le car nous remmène vers Dublin.